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    D'où vient le mot « parrain » ? Étymologie, tradition et parrainage d'aujourd'hui

    Parrain, marraine, compère, godfather : derrière ces mots se cache une longue histoire de confiance et de transmission. Retour sur l'origine du mot « parrain », sur la tradition familiale qu'il désigne, et sur ce qu'elle a en commun avec le parrainage des services d'aujourd'hui.

    Par la rédaction MeilleurParrain

    On l'emploie chaque jour sur Meilleur Parrain sans toujours y penser : le mot « parrain » a une histoire de plus de mille ans. Avant de désigner la personne qui partage un code pour une banque ou une application, il a désigné celle qui s'engage auprès d'un enfant, aux côtés de sa famille. Voici d'où il vient, ce qu'il représente, et pourquoi le parrainage moderne en a gardé l'esprit.

    Du latin patrinus au français « parrain »

    Selon le Trésor de la langue française (TLFi, consultable sur le site du CNRTL), « parrain » est issu du latin populaire patrinus, « celui qui tient un enfant sur les fonts baptismaux », un mot attesté à partir du VIIIe siècle. Le TLFi le rattache au latin patruus, « oncle paternel », lui-même de la famille de pater, « père ». L'idée est parlante : le parrain est une figure quasi paternelle, un proche qui n'est pas le père mais qui veille sur l'enfant.

    En français, le mot apparaît au début du XIIe siècle sous la forme parain, avec le sens de « celui qui tient un enfant sur les fonts baptismaux et qui ensuite veille à son éducation religieuse ». En ancien français, la forme parin était même plus répandue. On la retrouve dans les langues sœurs, qui ont conservé le suffixe d'origine : padrino en italien et en espagnol, padrí en catalan, padrinho en portugais.

    Et « marraine » ?

    « Marraine » suit exactement le même chemin. Le TLFi le fait venir du latin populaire matrina, dérivé de mater, « mère », formé sur le modèle de patrinus. Le latin médiéval connaît la formule matrina spiritalis (« marraine spirituelle ») dès 753. En français, le mot est attesté vers 1100, dans La Chanson de Roland, sous la forme marrene.

    Compère et commère : les ancêtres oubliés

    Avant que « parrain » et « marraine » ne s'imposent, le français utilisait compère et commère. « Compère » vient du latin chrétien compater, littéralement « co-père », et désignait au XIIe siècle le parrain par rapport aux parents ou à la marraine de l'enfant baptisé.

    La nuance est jolie : comme l'explique le TLFi, « compère » et « commère » exprimaient le lien entre le parrain et les parents, ou entre parrain et marraine, tandis que « parrain » et « marraine » mettent l'accent sur la relation avec l'enfant. Ces derniers ont fini par remplacer les premiers. Le mot « compère » a ensuite pris d'autres sens : titre d'amitié familier dès la fin du XIIe siècle, puis « partenaire, complice » au XVIe.

    Godfather, godmother, godparent

    L'anglais a pris une autre route. Godfather (« père en Dieu ») est attesté à la fin du XIIe siècle, en remplacement du vieil anglais godfæder, d'après le dictionnaire étymologique Etymonline. On y trouve aussi godmother et le terme neutre godparent. Le sens mafieux de godfather, popularisé par le roman de Mario Puzo (1969) et le film qui en a été tiré (1972), est bien plus tardif. En français, l'expression « le parrain » au sens de chef de clan vient en grande partie de ce succès.

    Le parrain dans la tradition familiale

    Un rôle d'accompagnement

    À l'origine, le parrain et la marraine sont choisis pour présenter l'enfant au baptême et s'engager à l'accompagner dans son éducation religieuse. Avec le temps, ce rôle s'est élargi : dans beaucoup de familles, le parrain ou la marraine est une personne de confiance, un adulte référent en dehors du cercle des parents, quelqu'un sur qui l'enfant peut compter.

    Choisir un parrain ou une marraine, c'est souvent honorer une amitié ou un lien familial fort. C'est dire à quelqu'un : « Je te fais assez confiance pour te lier à mon enfant. » Pour l'enfant, c'est une relation privilégiée qui accompagne les étapes de la vie : anniversaires, conseils, présence dans les moments importants.

    Un mot qui s'est étendu

    Le sens du mot a vite dépassé le baptême. Le TLFi relève qu'en 1690, on parle déjà des parrains et marraines des cloches que l'on baptise. Dès le début du XVIIe siècle, le parrain est aussi « celui qui donne un nom à un ouvrage, à une chose ». Au XVIIIe siècle, c'est le chevalier qui présente le novice à sa réception ; au XIXe, celui qui présente quelqu'un dans un cercle ou une société savante, ou encore chacun des deux académiciens qui accompagnent un nouvel élu à l'Académie française.

    Côté marraine, le XXe siècle a vu naître une belle expression : les marraines de guerre, attestées en 1915-1916, qui écrivaient aux soldats du front pour les soutenir.

    Dans tous ces usages, on retrouve la même idée : présenter, introduire, accompagner quelqu'un qui entre dans un nouveau monde.

    Le parrainage civil, ou baptême républicain

    La tradition a aussi trouvé une forme laïque : le parrainage civil, appelé également baptême civil ou baptême républicain. Il trouve ses racines dans la période révolutionnaire. On en date souvent la naissance à 1794 : le 8 juin 1794 (20 prairial an II), jour de la fête de l'Être suprême, est fréquemment cité, et certains l'attribuent à un décret de cette date. L'histoire est en réalité plus nuancée. L'exposé des motifs d'une proposition de loi déposée au Sénat indique que des recherches dans le Bulletin des lois et le Moniteur n'ont trouvé aucun texte promulgué à ces dates, et que la référence sûre est la loi du 20 septembre 1792, qui a confié la tenue de l'état civil aux officiers municipaux.

    Aujourd'hui, comme le rappelle Service-public.fr, le baptême civil n'est prévu par aucun texte et ne crée aucune obligation juridique : c'est un engagement moral d'ordre privé, une cérémonie symbolique et laïque qui célèbre la naissance d'un enfant. Certaines mairies le proposent, sans y être obligées, et il n'est pas inscrit sur les registres de l'état civil. Selon le ministère de l'Intérieur, il vise à faire entrer l'enfant dans la communauté républicaine et à le faire adhérer symboliquement à ses valeurs. Les parrains et marraines s'y engagent, moralement, à soutenir l'enfant si les parents venaient à manquer.

    Religieux ou civil, le parrainage garde donc le même cœur : un adulte choisi par la famille, qui promet d'être présent.

    Du baptême aux codes parrain : la même idée de confiance

    Quel rapport entre un parrain de baptême et un code parrain pour ouvrir un compte bancaire ou s'inscrire sur une application ? Plus qu'on ne le croit. Le vocabulaire n'a pas été choisi au hasard : le parrain introduit, le filleul est accueilli.

    Une recommandation entre personnes

    Un programme de parrainage repose sur une recommandation. Un client satisfait d'une banque, d'un fournisseur d'énergie ou d'une application en parle à un proche, un collègue ou un ami. Comme le parrain d'autrefois présentait l'enfant à la communauté, le parrain d'aujourd'hui présente un service à quelqu'un qu'il connaît, ou à quelqu'un qui cherche un avis.

    La confiance avant tout

    On ne recommande pas un service à la légère, de la même manière qu'on ne choisit pas un parrain au hasard. La valeur d'une recommandation tient à la confiance : celle du filleul envers son parrain, et celle du parrain envers le service qu'il conseille. C'est pour cela que le bouche-à-oreille reste l'une des façons les plus naturelles de découvrir une banque ou une application.

    Un cadeau de bienvenue pour le filleul

    Il y a aussi une tradition de cadeau. Le parrain de baptême offre souvent un présent à son filleul ; dans les programmes de parrainage, c'est en général le service qui offre au filleul une prime ou un avantage de bienvenue (somme d'argent, mois offert, réduction), et souvent une récompense au parrain. Les montants et conditions varient selon les marques et changent régulièrement : il vaut toujours mieux consulter l'offre en cours et ses conditions avant de s'inscrire.

    Un lien qui profite à tous

    Le parrainage moderne crée un petit lien entre deux personnes : l'une partage, l'autre est accueillie, et les deux en profitent. C'est une version modeste, mais bien réelle, de l'idée ancienne du compater : être « avec » quelqu'un au moment où il commence quelque chose de nouveau.

    Trouver un parrain aujourd'hui

    Si vous cherchez un parrain pour une banque, une néobanque ou une application, notre page parrainage banque rassemble les offres suivies, et le guide des banques qui donnent de l'argent à l'ouverture d'un compte détaille les conditions vérifiées. Vous pouvez aussi parcourir les annonces de la communauté, où des membres partagent leurs propres codes, ou devenir parrain à votre tour en déposant votre code.

    Du patrinus latin au code partagé entre amis, le mot n'a finalement pas tant changé de sens : un parrain, c'est quelqu'un qui vous accueille et vous facilite les premiers pas.

    La rédaction Meilleur Parrain

    Article rédigé par l'équipe Meilleur Parrain.

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